Jeune, célibataire et… mère

La journée où j’ai appris que j’étais enceinte, n’était vraiment pas la plus belle journée de ma vie. Quelle sorte de mère peut affirmer ceci? Moi! J’avais 20 ans, je complétais la moitié de mon BAC, j’habitais chez mes parents et… j’étais célibataire. Mais pourtant, j’ai bien passé un test et il était positif. Je devais donc prendre une décision: garder cet enfant ou me faire « avor… » (mot que je n’arrive pas à prononcer)?

En fait, je n’avais aucune décision à prendre. Ne t’en fait pas petit être, je n’ai jamais même pensé une seule seconde que j’aurais pu me débarrasser de toi.

J’ai toujours aimé les enfants, j’en ai toujours désirés plusieurs et dans mon cœur, dans mon très profond, je savais, depuis que j’ai fêté mes 18 ans, qu’avec la majorité venait les responsabilités et que si je tombais enceinte, je garderais cet enfant. Peu importe le moment où il viendrait et la situation dans laquelle je me retrouverais. Évidemment, je n’aurais pas souhaité que ça arrive ainsi. J’aurais voulu terminer mes études, trouver un bon emploi, acheter ma maison et avoir un conjoint qui deviendrait papa en même temps que je deviendrais maman.

Mon destin en a décidé autrement

Ma vie a changé ce 4 avril… J’étais maintenant maman à part entière. Je devais annoncer ta venue à mes parents qui n’avaient pas cette perspective d’avenir pour moi, ni pour toi mon petit minou. Je devais me trouver un endroit où habiter, car tes grands-parents n’avaient pas à t’éduquer. Je devais travailler plus, tout en étudiant, pour être bien payée durant mon congé de maternité. Je voulais que tu ne manques de rien.

Ma vie a changé ce mercredi-là… Tu étais mon enfant, je t’aimais et je ferais tout pour toi. J’ai eu une grossesse anormale, j’ai souffert de diabète de grossesse et de stress. N’oublie pas que j’étais la seule à penser à tout! Nous avons déménagé deux fois durant ces 6 mois (les drôles de hasards de la vie). Mais j’étais toujours là pour toi. Je te cajolais des milliers de fois par jour, je te lisais des histoires et te faisais écouter de la musique classique. Nous étions déjà complices. Je voulais tellement que tu vives la plus belle vie possible.

Je suis finalement hospitalisée le 11 octobre, à 31 semaines de grossesse. Tu avais décidé qu’on avait subi suffisamment de difficultés et tu voulais sortir. Ils ont réussi à te garder à l’intérieur 5 jours de plus. À ce moment, j’étais en prééclampsie, tu sais je ne voulais tellement pas que tu souffres. Tu as vu le jour, et sans que je puisse te cajoler, tu as été mis en incubateur. Nous avons été séparés, trop longtemps pour mon cœur de maman qui ne voulait que t’avoir sur moi. J’ai crié, oui oui! crié après eux, pour qu’ils me permettent de te prendre. Qui pouvait prendre la décision aussi cruelle de me séparer de toi?

Tu y es resté 15 jours… 15 jours dans ce petit lit, trop grand et si froid, alors que mes bras étaient chauds mais vides de ta présence. J’ai été à tes côtés tout ce temps, je me suis levée aux trois heures la nuit pour tirer mon lait en te regardant. J’allais t’allaiter, ce n’était pas le gavage qui allait m’en empêcher.

Tu étais tout pour moi!

Depuis le 31 octobre 2007, journée où tu es sorti de l’hôpital, tu as grandi mon bébé. Tu étais si minuscule. Je t’ai câliné des milliers d’heures et saches que j’en ai profité chaque minute. Combien de fois j’ai arrêté le temps en me disant que je devais garder ce moment gravé dans ma mémoire? Des milliers… Je t’ai admiré alors que tu souriais avec tes beaux yeux bleus. Tu as grandi si vite!

 

Tout vient à point

J’ai terminé mes études grâce à Mamie, Papi et Matante Nini qui nous ont donné un méchant coup de main. Je me suis trouvé un emploi parfait pour nous deux. J’ai persévéré, mais c’était si facile, si instinctif, l’avenir pour nous deux allait être beau.

Un peu en retard, selon le plan de vie que je m’étais fixée, j’ai trouvé un amoureux qui a accepté le défi que nous lui avons proposé, toi et moi. Il ne l’est pas devenu en même temps que moi, mais il apprend chaque jour à être ton papa. Ce n’est pas facile de te partager, tu as toujours été juste à moi. J’ai, moi aussi, à apprendre à travers tout cela.

Notre vie est loin d’être parfaite, mon amour, mais elle est comme elle est. Après tout, qui a une vie parfaite? Nous avons passé à travers une tonne de défis, nous en rencontrerons encore chaque jour et nous allons en sortir vainqueurs, je te le promets. Nous avons cette force, toi et moi, d’avoir vécu une histoire différente des autres.

Matys, la journée où j’ai appris que j’étais enceinte de toi, n’était pas la plus belle journée de ma vie. Mais saches que tous les jours qui ont suivis ont été les plus merveilleux, car tu m’as fait l’honneur d’être ta maman.

Amélie Côté
Jeune femme, mère, conjointe et professionnelle, je me considère encore en plein apprentissage de la vie. Je travaille tous les jours pour que mon quotidien soit en harmonie avec mes valeurs. C’est loin d’être facile, mais je mets tous les outils à ma disposition pour y arriver. Je n’ai pas peur d’avouer mes torts, de travailler sur moi et surtout j’assume pleinement la personne que je suis, tout en tentant de m’améliorer chaque jour. La vie m’a offert deux beaux garçons qui ont 7 ans de différence d’âge. Notre quotidien est donc parsemé de défis de tous genres en passant par le « terrible two » jusqu’à la crise de préadolescence. Je suis une personne très impliquée dans ma société, pour moi le bénévolat m’apporte un bien-être intérieur. Travaillant en comptabilité, le domaine des communications et des émotions est très loin de mon quotidien. Par contre, j’adore écrire… c’est tellement libérateur. Il me fera plaisir de vous inviter dans mon quotidien et ma vulnérabilité, le temps d’un article, pour vous montrer que moi aussi je suis comme vous toutes…

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