La protection de l’environnement : Une nouvelle pression pour les familles?

Comme tout adulte, j’ai été enfant. Et dès mon jeune âge, j’avais à cœur l’environnement. L’environnement? Oui, tout ce qui, de près ou de loin, m’entourait. Tout là! Les êtres humains et le milieu naturel, car les deux sont non seulement intimement liés, mais nous faisons partie de l’environnement.

Alors, enfant, c’était comme ça, sans pression, mais aussi sans culpabilité. Ainsi, lorsque dans ma chasse à satisfaire mon besoin de me dégourdir et de curiosité, j’abîmais parfois sans même le savoir des éléments naturels sur mon passage… Je faisais attention, mais cela arrivait! Et entre vous et moi, cela arrivera toujours… Impossible de ne pas avoir d’impact sur l’environnement.


Donc, déjà enfant, je vivais dans une famille qui était qualifiée de ‘’grano’’. Ce qualificatif venait du fait que nous faisions du compost, que nous avions un jardin et que dès que les grosses bulles de recyclage au coin de la rue étaient présentes, nous les utilisions. À 13 ans, je donnais des formations sur le compostage aux adultes de la ville d’où je venais. À l’époque, 3-4 citoyens s’y présentaient. Et c’était considéré comme de grands marginaux!

L’été suivant, j’avais mon premier emploi. Je travaillais dans un organisme environnemental à contrer l’érosion des berges des lacs d’un parc provincial. Pour moi, faire attention à son environnement est une question de vie ou de mort! Pensez-y une minute… Dans un environnement dégradé, la vie meurt. On le voit pour les végétaux, on le voit pour les animaux alors c’est pareil pour les humains!

Première évidence : Un impact assuré

Donc, petit à petit, je me suis renseignée sur l’environnement physique et sur les aspects psychologiques de l’être humain. J’avais non seulement commencé adolescente à travailler l’été dans des programmes de protection de l’environnement, mais de fil en aiguilles, je me suis rendue jusqu’au doctorat en environnement en passant par plusieurs formations d’enseignement.

Et là, avec toutes ces connaissances et ces expériences, s’il y a bien une seule évidence c’est que même avec toutes les attentions et actions possibles, l’être humain aura toujours un impact sur l’environnement. Même quand nous dormons! Oui, en dormant j’émets du CO2, ma tête et mon corps sont appuyés ou enrobés de textiles qui viennent probablement de monocultures et qui ont utilisé des produits chimiques, mon lit est fabriqué à partir de matières premières qui proviennent de notre environnement naturel. Vous voyez le genre?

Le sentiment de culpabilité

Qui aujourd’hui souhaite mener une vie plus respectueuse de l’environnement? Qui ici veut que ses enfants évoluent dans un environnement sain et durable? Je ne connais personne qui ne veut plus respirer, boire, manger… Vous vous dites que je pousse loin? Vous avez raison! Mais pas tant que cela. Nous voulons tous, non seulement respirer mais aussi respirer de l’air de qualité. Nous voulons aussi boire de l’eau potable. Nous voulons aussi manger des aliments sans risque d’être malade.

La plupart d’entre nous sommes exposés à une tendance de la société qui est générée par les médias sociaux et autres. Une partie des informations transmises s’imprègnent en nous par le sentiment de la peur. Les changements climatiques et les risques associés en sont un exemple. Je mets ma main au feu que vous avez entendu dire que la fin du monde approchait (encore!). De plus en plus les familles sont conscientes de l’importance de réduire leur impact écologique. Cette conscience est souvent accompagnée d’une pression sociale qui est générée par le sentiment d’urgence et qui occasionne un sentiment de culpabilité. Je vous rassure à nouveau, il est impossible de n’avoir aucun impact même en y mettant toute notre énergie et notre temps! Nous faisons partie d’un système dans lequel nous interagissons. L’être humain fait partie de l’environnement.

Deuxième évidence : le sentiment de culpabilité est un frein

Si vous ne le saviez pas, le sentiment de culpabilité très répandu dans nos vies est une fausse émotion et surtout un état désuet de fuite. Il s’agit parfois d’un chemin d’évitement qui nous permet d’éviter la réalité telle qu’elle est et permet d’acquérir des bénéfices secondaires parfois quasi imperceptibles, mais bien présents. C’est ce que l’on appelle entre autre la culpabilité de dissimulation.

Par exemple, je peux organiser la fête de mon enfant et choisir d’utiliser de la vaisselle jetable, des portions individuelles et autres éléments pour lesquelles je sais qu’il existe des alternatives plus écologiques. Lorsque la maman d’une amie vient chercher son enfant, elle observe les différents éléments de la fête et dit : -’’Une chance que les anniversaires ne sont pas représentatifs du quotidien, imagine la tonne de déchets que cela générerait’’. Le regard de l’autre me ramène à mes connaissances et je sais que je viens de faire quelque chose de non respectueux de l’environnement. Je réponds en me justifiant: -‘’Je sais, j’ai manqué de temps pour organiser le tout’’. Cette réponse émanant de mon ressentie de culpabilité a surtout servi à éviter d’assumer mes actes et à neutraliser la réaction de l’autre. Elle s’est donc faite sous la forme de la fuite.

Donc, que se passe-t-il quand nous savons que nous venons d’avoir un impact négatif sur notre environnement et que nous ressentons de la culpabilité? Nous utilisons cette culpabilité pour nous nous en extirper et assurer notre propre salut. Le résultat n’est pas mal en soi, mais l’émotion est lourdement chargée et peut facilement être évitée. Il s’agit simplement de se poser honnêtement la question sur ce qui aurait pu être sain. Et d’ajouter cela à notre liste de comportements à améliorer pour avoir moins d’impact sur notre planète.

La stratégie : tel un enfant

Donc, comment fait-on pour adopter une nouvelle habitude et la garder? Je vous présente quelque chose d’évident. D’une simplicité absolue. Quand on éduque un enfant, on mise sur un savoir-faire ou un savoir-être à la fois. On est patient, on se réajuste, on utilise notre créativité… On permet à l’enfant de tomber et de se relever, on accepte que l’enfant (et l’adulte!) soit imparfait. On le souhaite même. Quand le savoir ou le comportement est acquis pour l’enfant, on peut passer au suivant. Alors c’est aussi comme ça que notre conscience écologique grandissante doit être abordée : un geste à la fois. On adopte un nouveau comportement, un nouveau savoir-être ou savoir-faire à la fois!

 


La réussite

Ce geste que vous posez en prenant conscience de l’environnement est déjà une réussite. Chaque personne qui adopte un nouveau geste plus écologique est un cadeau pour l’environnement. Les petits gestes possibles ne manquent pas. Ils peuvent être en lien avec toutes les facettes de notre vie : l’alimentation, le transport, l’habillement, l’entretien ménager, les loisirs, l’hygiène…Alors on en choisi un qui nous semble pertinent et accessible, un qui s’insère bien dans notre quotidien.

Ensuite, on l’applique, en se laissant le droit à l’erreur, au réajustement et on se félicite pour l’intention et l’action. Et lorsque nous avons acquis un comportement plus écologique, on passe au suivant!

Je vous donne une liste de 10 éléments qui font partis de notre quotidien et qui peuvent être facilement intégrés dans votre vie.

1- Traînez une bouteille d’eau réutilisable dans votre sac à main ou dans votre sac de travail.

2- Laissez une tasse réutilisable dans votre voiture ou dans votre sac de travail. Vous pourrez la rentrer et la sortir en même temps que votre boîte à lunch par exemple.
3- Changez progressivement vos produits d’entretien ménager par des produits biodégradables qui sont de plus en plus présents sur la marché et à des coûts similaires. Ils sont aussi bien étiquetés et faciles à identifier.

4- Laissez des sacs d’épicerie réutilisables en tout temps dans votre voiture. Remettez les immédiatement après avoir rangé les provisions.

5- Votre ville n’offre pas de service de compostage? Prenez deux minutes pour les appeler et leur faire part de votre désir d’y avoir accès.

6- Prenez un pot de yogourt vide et déposez-y au fur et à mesure les batteries qui ne fonctionnent plus. Apportez les à un endroit ou ils en font la récupération. La plupart des pharmacies le font. Pour les prochaines, achetez un chargeur et des batteries rechargeables, elles vous coûteront moins chers à long terme.

7- Évitez les vêtements qui nécessitent un lavage à sec. Non seulement ce procédé est polluant mais il fera augmenter le prix de votre vêtement de façon considérable.

8- Diminuez votre chauffage ou votre climatisation d’un degré. Votre corps s’ajustera, votre utilisation énergétique diminuera et vos frais aussi!

9- Faites le tour de votre pharmacie, repérez les médicaments qui sont périmés et allez les porter à la pharmacie (en même temps que les batteries!).

10-Lors de votre prochain repas familial, ayez une discussion sur les éléments de votre impact environnemental et notez les. Vous pourrez les ajouter à cette liste.

Et ensuite?

Mon prochain geste sera de nommer à l’épicier du coin que les barquettes de styromousse sont totalement inutiles et de réduire à néant ma consommation de ces produits. Et vous, quel sera le vôtre?

Écologiquement vôtre,

Geneviève
www.eco-loco.ca

Geneviève St-Amour
Une femme multi : multi-disciplinaire, multi-tentaculaire, multi-passionnée. Une généraliste dont le fil conducteur est l’environnement. L’environnement où on ne peut faire abstraction des humains dans nos interactions entre nous et en lien avec la nature. Ses études, ses expériences de vie, ses enfants différents et ses multiples voyages permettent d’offrir une ouverture totale. Elle vous invite à cette ouverture permettant l’adaptation à une écologie personnelle, familiale, humaine et physique maximale. Elle croit fondamentalement au pouvoir de chacun dans chacune des facettes de la vie.

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