Vendre du blanc quand tu broies du noir

J’adore le yoga. Je le pratique, je l’enseigne, j’en fais la promotion et je le recommande. TOUT LE TEMPS. J’en parle sur Facebook, pendant mes cours de langues, dans les fêtes de famille,
entre amies et même à ma fillette de 7 ans. J’y crois beaucoup, mettons.

À ce stade-ci, tu te dis peut-être: chanceuse, elle doit donc être zen celle-là! Triper sur le yoga,
ça doit tellement ralentir le rythme de vie et faire du bien. Chez elle, on doit être reçu dans une ambiance calme où voix douces et huiles essentielles parfument et détendent tous ceux qui s’y
intègrent. Peut-être penses-tu que la souplesse physique et mentale règne et que, grâce au
yoga, je suis à l’abri des intempéries émotionnelles. On pense souvent ça dans mon métier.

Ce n’est pas comme ça. Pas dans mon cas. Au fait, ce qui m’a mené au yoga, c’est le burn-out et
la dépression. Des concepts pas mal moins zen. Le yoga, je l’ai trouvé et retrouvé quand j’étais
au bout du rouleau, épuisée, fragile, en dédain et en déni total. Malheureusement, c’est souvent
rendu là qu’on finit sur le tapis. Déçu de soi-même, parfois médicamenté et souvent à bout de
souffle, dans tous les sens du mot.

Pourquoi est-ce que j’en parle? Parce que j’enseigne le lâcher-prise et parce que les nuages noirs passent encore et que je me retrouve certains matins forcée de vendre du blanc quand je broie du noir.
Parce qu’être prof de yoga, c’est être dans la compassion, dans l’amour et dans le don et quand
on n’y arrive pas avec soi, c’est bien difficile de l’offrir aux autres. C’est un peu comme être
maman.

Heureusement, le yoga m’enseigne aussi la patience, l’acceptation et le pouvoir de vivre dans
le moment présent. Des beaux concepts, certes, mais aussi une façon de gérer les journées
plus sombres et plus difficiles. Comment? Eh bien, premièrement, je laisse venir le sentiment
qui m’envahit, peu importe ce qu’il est. Au lieu de le repousser, je l’accueille. Comme une vague.
J’observe comment je me sens et cet exercice tout simple me permet déjà de me séparer de
l’émotion. C’est fou hein? Ensuite, je suis patiente envers moi-même. Je me dis des mots
d’encouragement et je me rappelle qu’au fait, seul le moment présent existe. Les inquiétudes
surgissent quand on anticipe le futur et les regrets ou remords sont chose du passé. Tout est
appelé à changer; voilà un mantra à garder dans sa poche.

Est-ce que ça règle tout? Non. Je donne quand même parfois des cours où, tel un muscle
endolori, je force une humeur qui n’est pas tout à fait là. Plus jeune, j’aurais présenté mon
meilleur sourire, mis plus d’énergie et même compensé afin de cacher mon état d’âme. Plus
sage aujourd’hui, je m’assois, je médite et je redonne le mieux que je peux, à ce moment-là.
C’est peut-être moins intense, mais c’est toujours sincère et ressenti.

Tu travailles peut-être dans un domaine où il faut vendre du beau, du bon, de la santé et de la
vitalité. Peut-être es-tu perçu comme un modèle à suivre. Si c’est ainsi, voilà une merveilleuse
opportunité d’aider de par ton authenticité. Si tu ressens que tu dois incarner plein de choses et
que tu le fais sincèrement, bravo. Si ce n’est pas toujours le cas, sois douce envers toi-même.
Tes clients ou tes élèves sont sur le même chemin que toi. Un chemin parfois raboteux qui
mérite toujours d’être suivi. Sois vrai, sois humaine et rejoins les cœurs qui vibrent comme le
tien. Le noir et le blanc font bon ménage 🙂 C’est une question d’équilibre.

 

Sylvie Laître
Jeune maman âgée qui, à 47 ans, enseigne le yoga pour petits et grands, accompagnée de sa fille et mini-prof de 7 ans, Phiela. Je suis une fille de marketing et de relations publiques qui a développée sa carrière en Amérique Latine mais qui est revenue s’installer au Québec au profit de son ancrage personnel et des retrouvailles avec son amoureux du secondaire. Passionnée de la danse, de la photo, de la bouffe et des voyages, je suis une nomade affirmée qui développe peu à peu son p’tit côté casanier. Heureuse de participer à ce magnifique blogue, je vous partage une angoisse: le français. Après plus de 15 ans dans un milieu favorisant l’anglais et l’espagnol, j’espère trouver mes mots! Au plaisir et merci de me lire!
https://www.facebook.com/yogaSylvieLaitre/

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