Le mal invisible…

On va mettre quelque chose au clair… Que tu l’accouches au bout de 24h de contractions, que tu l’attendes pendant des années et que tu ailles le chercher en Chine ou encore à la D.P.J. par un beau matin pluvieux ou que ce soit ceux de ton chum que vous avez 1 semaine sur 2. Tu es une maman … Une maman de ventre, une maman de cœur, une maman par procuration, peu importe !

Une maman, ça se donne corps et âme (et santé mentale parfois…) pour ses petits chéris jour, soir et nuit (souvent même !). Parlant de santé mentale, on jase là…  Il n’y a pas un parent sur terre qui a envie de rentrer une journée dans le bureau d’une pédopsychiatre-un-peu-au-dessus-de-ses-affaires, au bout de plusieurs mois ou années d’attente, suite à quelques heures d’évaluations,  pour se faire dire que son enfant n’est pas dans la ‘’norme’’ de la société … Qu’il ait 3 ans, 8 ans ou 12 ans ne change rien (outre l’essoufflement parfois…) la rencontre est dure, les mots font mal, la suite fait peur! Le monde idéal de la belle petite famille parfaite avec le chien et le bungalow vient de prendre le bord sur un moyen temps (approximativement 45 min, puisqu’elle a un autre rendez-vous après vous!). Il est difficile de reprendre ses esprits et d’analyser logiquement la situation. Ça frappe. Ben oui, il était turbulent à l’école! Ben oui, elle était tellement anxieuse qu’elle se grattait au sang la nuit! Ben oui, les crises étaient tellement intenses qu’il se blessait. Peu importe les mots, peu importe les étiquettes qui viendront, le choc est intense quand même. On te parle de diagnostics (souvent au pluriel), de suivis hebdomadaires, de médication … Tu as peine à assimiler toutes les informations. Tu te demandes déjà comment tu vas continuer de justifier tes absences à ton boss.

Ton cerveau se met à s’activer… Et si j’étais une mauvaise mère ? Peut-être que j’aurais pu faire les choses différemment ? Qu’est-ce que les gens vont penser ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Parce que tout le monde sait que les parents sont toujours le problème!!! (Noter le sarcasme ici!) Peut-être que malgré les crises, malgré l’anxiété, je pourrais essayer autre chose ? Les produits naturels ? Je ne peux pas croire que je vais médicamenter mon enfant, allô le jugement! Et si je demandais un 2e avis ?

Maudit mal invisible !

Tu te casses un bras, personne ne va juger, tout le monde va vouloir connaître l’histoire, signer sur ton plâtre et te souhaiter d’être vite sur pied pour retourner jouer au tennis.

Tellement facile de juger quelque chose qu’on ne voit pas, ça se passe dans la tête, c’est invisible… Tellement facile de jeter le blâme sur les parents.

«Tsé, il n’est pas si pire! » te lance Matante en pleine face après avoir passé 2 heures avec ton enfant ! « C’est juste un enfant, laisse le vivre… » Tu ravales (ou pas parfois…). Non non, pas la Matante fatigante qui a un commentaire sur tout … Plutôt celle qui est infirmière, celle qui travaille dans un bureau, celle qui est instruite, mais qui ne comprend pas les enjeux de la situation malgré les longues et nombreuses explications. Matante ce qu’elle ne sait pas, c’est que l’humain que tu aimes le plus sur terre a tellement mal en dedans que lorsqu’il est ailleurs, il s’empêche de vivre ses émotions, il les gèle en attendant de retourner dans un endroit sécurisant où il pourra décharger en présence de ceux en qui il peut avoir confiance. Matante ne sait pas que ce soir-là, tu as passé 2 heures en contention, à le bercer en chantant pour éviter d’éclater en sanglots, puisqu’il voulait se blesser (et au passage te blesser aussi!) puisqu’il ne gérait plus son anxiété de la journée. Matante ne sait pas que ton enfant est en sevrage de médication pour essayer d’en introduire une autre en espérant qu’il soit minimalement fonctionnel au quotidien. Matante ne sait pas que ça fait des années que tu n’as pas eu 8h de sommeil puisqu’il se réveille en hurlant sa vie (et le mot est faible !) comme si on allait le tuer, et ce, toutes les nuits.

Vous savez, l’étiquette est dure à accepter. C’est un deuil à faire, mais le plus dur, ce n’est pas ça, c’est le regard des gens qui jugent sans savoir. Quand je dois m’arrêter dans l’allée des surgelés à l’épicerie pour bercer ma fille de 4 ans qui est sur le point d’exploser tellement l’anxiété est envahissante, je n’ai pas besoin de vos jugements sur ce que je fais, je n’ai pas besoin de me faire dire qu’elle est grande pour avoir sa suce, je n’ai pas besoin de vos regards blessants.

Quand on en vient au point de médicamenter un enfant, je n’ai pas besoin de me faire dire qu’elle n’en a pas besoin, que vous pensez qu’on la gèle, qu’on ne devrait pas lui donner ça, de lui faire faire du sport à la place. J’vous annonce quelque chose, je ne connais pas un parent d’enfant magique (J’aime mieux magique que différent) qui donne de la médication de gaieté de cœur; quand tu sors de la pharmacie avec une médication tellement forte que tu dois avoir des suivis en cardiologie puisqu’il y a des risques, j’pense qu’on a tout essayé avant ça !

Quand vous jugez facilement (et on le fait tous à un moment ou à un autre…), demandez-vous un instant, juste un instant, si vous avez tous les éléments pour juger de la situation en connaissance de cause. Souvent, la réponse est non! Un sourire de compassion ou même, si vous vous sentez vraiment wild, un « As-tu besoin de quelque chose, est-ce que je peux t’aider? » plein de douceur, est 100 fois plus aidant pour un parent d’enfant magique que n’importe quel regard de mépris.

La différence dérange… mais le monde serait tellement moins divertissant si nous étions tous faits sur le même moule. La prochaine fois que vous serez confronté à une telle situation, de quelle façon pourriez-vous faire une différence pour ce parent-là… Pensez-y !

 

Sarah Paquin
Je suis la maman de coeur d’une princesse de 4 ans qui présente ses particularités, en couple depuis près de 11 ans (avec les hauts et les bas que cela comporte)! Je suis intervenante sociale depuis 12 ans déjà, je suis formatrice de héros ;), entrepreneure, étudiante dans l’âme, passionnée des gens, énergique, dynamique, intense (à peine !), rêveuse, voyageuse. J’ai constamment la tête pleine de projets divers. À la recherche éternelle d’équilibre entre ma fille, mon couple, mon entreprise, mon temps perso, etc. C’est le travail d’une vie ? J’ai fondé mon entreprise il y a déjà près de 2 ans. Plusieurs situations m’ont amenée à devenir instructrice en secourisme et à vouloir enseigner comment sauver le plus de vies possible. Vous pouvez me suivre via ma page Facebook à Formations Respire.

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